Soufre et colza : le jaune est la couleur de la rentrée !

La convention de Minamata sur le mercure, adoptée par les Nations Unies en 2013, est entrée en vigueur le 16 août dernier. Ses 74 pays signataires ont l’obligation de protéger leurs citoyens des effets nocifs du mercure et de mettre en place un contrôle des activités polluantes, comme l’exploitation artisanale des mines d’or, le raffinage du pétrole et du gaz naturel, la métallurgie ou même l’agriculture.

Le mercure est en effet un poison violent dont les effets étaient déjà décrits par Pline l’Ancien au 1er siècle. Les composés du mercure utilisés pour traiter les feutres destinés à la fabrication de chapeaux auraient d’ailleurs inspiré à Lewis Caroll le personnage du chapelier fou d’Alice au pays des merveilles.

On estime à 1 400 tonnes par an la contamination des eaux et des sols par le mercure utilisé pour la seule exploitation des petites mines d’or artisanales, lesquelles sont essentiellement situées dans des pays pauvres. Or s’il existe déjà des solutions de remédiation, elles sont généralement coûteuses.

Le moment était opportun pour qu’une équipe de chimistes australiens publie les résultats de ses travaux sur un traitement « low cost » des déchets contaminés par le mercure. En mélangeant de l’huile de colza ou de tournesol usagée (un sous-produit de l’industrie agro-alimentaire) à du soufre (un sous-produit abondant et peu coûteux de la pétrochimie), ils ont obtenu un polymère, un genre de caoutchouc synthétique, suffisamment polyvalent pour capturer le mercure sous ses formes les plus communes.

Recycler pour dépolluer : c’est le « double effet kiss-cool » appliqué à la protection de l’homme et de l’environnement (les deux étant indissociables bien sûr).

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/chem.201702871/full

Ratatouille aime les chatouilles

Tout comme les êtres humains, les rats sont chatouilleux ce qui a permis à Shimpei Ishiyama et Michael Brecht, deux neuroscientifiques de l’Université Humboldt de Berlin, de mettre en évidence le « centre cérébral des chatouilles » chez de jeunes rats, donc plus globalement chez les mammifères.

A la fin des années 90, un autre chercheur en neurosciences avait déjà découvert que les rats poussent de petits « cris » ultrasoniques lorsqu’ils sont chatouillés ou lorsqu’ils jouent, ces petits cris étant assimilables au rire des humains.

Brecht et Ishiyama ont enregistré ces cris ainsi que l’activité d’une zone du cortex des rats selon qu’ils étaient chatouillé sur le ventre, le dos ou encore en situation de stress. Résultat : les rats et nous sommes chatouilleux à peu près aux mêmes endroits. Les rats « en redemanderaient » même, puisqu’ils vont au devant de la main de l’expérimentateur. Par contre, les uns comme les autres nous apprécions nettement moins les chatouilles lorsque nous sommes stressés.

Si ce travail se confirme, il montrera que la sensibilité aux chatouilles encourage les interactions physiques avec les congénères et promeut le lien social !

http://www.nature.com/news/playful-rats-reveal-brain-region-that-drives-ticklishness-1.20973