Le retour de l’abeille masquée

En cette rentrée 2018, ABC Radio Brisbane relate l’émoi des chercheurs australiens autour d’une  abeille locale, Hylaeus nubilosus, qui pourrait inspirer le développement d’un plastique plus respectueux de l’environnement. Je soupçonne la chroniqueuse de n’avoir pas innocemment écrit que la nouvelle fait le « buzz » parmi la communauté scientifique…

Cette « abeille masquée » (c’est son nom commun) produit pour fabriquer son nid une substance semblable au cellophane, naturellement résistante à l’eau et aux flammes : une particularité qui a décidé Veronica Harwood-Stevenson, passionnée de biologie, à vouloir s’en inspirer pour créer un matériau biodégradable.

C’est ainsi qu’a été créée Humble Bee, une start-up de biotechnologie, basée à Wellington en Nouvelle-Zélande. Car l’idée de Veronica est d’étudier l’ADN de l’abeille, d’identifier les gènes qui lui permettent de synthétiser la fameuse substance et d’introduire ensuite ces gènes dans une bactérie qui produira la substance à grande échelle. C’est sur ce même principe que l’insuline a pu être synthétisée en masse dans les années 70.

A propos du plastique, ou plutôt des plastiques car ils sont innombrables, Veronica déclare qu’ils présentent des propriétés et performances qui les rendent incontournables pour de nombreuses industries et dans la vie quotidienne. C’est exact et personnellement j’aime assez cette vision pragmatique qui consiste à prendre à bras le corps une vérité et à tenter de la contourner intelligemment plutôt que de la nier.

La route sera longue cependant puisque la fondatrice de Humble Bee se donne cinq ans pour obtenir un premier matériau commercialisable. Des fabricants de matériel d’extérieur se seraient d’ores et déjà montrés intéressés, notamment pour la fabrication de toiles de tente.

 

Photo : Veronica Harwood-Stevenson

Pour en savoir plus : How a humble Australian bee could help the world’s plastic problem