Nouveau débouché pour la 3D métal !

Photo by Tim Mossholder on Unsplash

Si Neil Armstrong est le premier homme à avoir marché sur la lune, Buzz Aldrin est apparemment le premier à… y avoir fait pipi, à l’aide d’un dispositif fixé à sa taille. Moins glorieux sans doute, cet acte n’en pose pas moins une question incontournable : comment faire pipi dans l’espace ? Cinquante ans plus tard, la NASA vient de consacrer 23 millions de dollars aux toutes nouvelles toilettes destinées à équiper la Station Spatiale Internationale.

Plus petites, plus légères, plus faciles à réparer… ces toilettes présentent en outre un avantage considérable et il n’y a pas trente-six façons de le présenter : elles permettent de faire en même temps « pipi » et « popo », ce qui jusqu’alors était impossible. Un petit pas pour l’homme peut-être mais un grand pas en avant pour la femme, chez qui ces deux fonctions corporelles sont plus difficiles à dissocier.

En outre, les tuyaux métalliques de ces toilettes de l’espace sont imprimés en 3D : après cela, qui osera encore dire que la fabrication additive métallique manque de débouchés ?

Pour en savoir plus : NASA finally made a toilet for women

Nos excuses au pangolin

Kadoorie Farm and Botanic Garden (KFBG)/AFP/Archives – Handout

J’ai découvert l’existence du pangolin en 1986, comme beaucoup d’inconditionnels de Pierre Desproges. Des années plus tard, dans la pénombre de la saisissante galerie des espèces menacées et disparues du Muséum d’Histoire Naturelle, j’ai pu constater qu’il ressemblait bien à « un artichaut à l’envers ». J’ai souri devant sa drôle d’allure en me remémorant la tendre chronique de l’humoriste et conclu de sa présence en ces lieux que nous n’en avions plus beaucoup…

Ces dernières semaines, il est devenu une star malgré lui. Dans une conférence de presse du 07 février, des chercheurs chinois ont avancé qu’il pouvait être à l’origine de l’épidémie de COVID-19. En effet, bien qu’en Chine comme partout ailleurs dans le monde son commerce soit interdit, il y est pourtant chassé pour sa viande et ses écailles, utilisées en médecine traditionnelle chinoise.

Les chercheurs avaient trouvé une correspondance de 99% entre le génome du virus d’un pangolin et celui du virus humain. Mais ces résultats ne prenaient en fait en compte qu’une fraction du génome. Une comparaison du génome complet des deux virus (celui du pangolin et le virus humain) montre qu’ils ne partagent que 90,3% de leur ADN. D’autres études confirment cet ordre de grandeur.

La proximité génétique entre les deux virus est donc insuffisante pour mettre en cause le pangolin, selon Arinjay Banerjee, de l’Université McMaster au Canada. C’est parce que le virus du SRAS partageait 99,8% de son génome avec le coronavirus de la civette que celle-ci a été considérée comme étant à l’origine de l’épidémie, rappelle-t-il.

Alors qui ? Pour l’instant la meilleure concordance (96%) avec le coronavirus humain a été trouvée dans le virus d’une chauve-souris de la province du Yunnan. Les chauve-souris pourraient donc avoir transmis le virus aux humains, mais comme il demeure des différences clés, les scientifiques suspectent un hôte intermédiaire qui n’est toujours pas identifié.

Quoi qu’il en soit, plus que jamais les pangolins sont en grand danger car la population pourrait chercher à les exterminer étant donné le soupçon qui pèse sur eux. C’est ce qui s’est effectivement produit pour les civettes après l’épidémie de SRAS. Pourtant rappelle l’Italienne Sara Platto, chercheuse à l’Université JiangHan à Wuhan, le problème ne vient pas des animaux, mais bien de nos interactions avec eux…

Comment je m’habille aujourd’hui ?

Nous devons « Comment je m’habille aujourd’hui ? Le style de la Parisienne », paru en 2016, à Inès de la Fressange et Sophie Gachet. Voilà un guide sans doute fort utile – a minima pour les Parisiennes- mais un peu court quand il s’agit d’aller, non pas au bureau ou en soirée mais bien sur Mars.

En soumettant des souris à un rayonnement comparable à celui auquel s’exposent les astronautes dans l’espace, Charles Limoli, chercheur à l’Université de Californie à Irvine et ses collègues ont observé des troubles cognitifs importants et durables, qui se retrouveraient probablement chez les humains et compromettraient potentiellement le succès des missions spatiales. Si les astronautes de la Station spatiale internationale, en orbite relativement basse (à environ 400 km d’altitude) sont protégés par le champ magnétique terrestre, le voyage vers Mars et au-delà est une autre paire… de manches comme diraient les modeuses.

En clair, le style de la Martienne, c’est la combinaison intégrale en plomb. Avouez que ce n’est pas très élégant et surtout, c’est bien trop lourd pour être transporté en orbite. Un sacré challenge en perspective pour les spécialistes des matériaux !

 

Pour en savoir plus : Pour la science n°482, décembre 2017

AquaWeb remporte le prix « Ray of Hope » 2017

L’AquaWeb de Jacob Russo, Anamarija Frankic et C. Mike Lindsey remporte l’édition 2017 du prix « Ray of Hope ». Ce prix est destiné à accompagner les entrepreneurs « biomiméticiens » en herbe dans le développement de projets durables inspirés par la nature. Rappelons que, tandis que certains font de l’espionnage industriel, les biomiméticiens font -en quelque sorte- de « l’espionnage naturel ».

« En 2050, 70% de la population mondiale vivra dans les villes ». Partant de ce constat, l’idée consiste à collecter l’eau naturellement présente dans l’air pour favoriser l’agriculture urbaine, le tout bien sûr en s’inspirant de la nature. Outre la « core team » sus-nommée, il convient donc de rendre hommage aux araignées -dont nous avons tous admiré les toiles parsemées de rosée- pour la collecte, à la ficoïde glaciale pour le stockage et au bolet des bouviers pour la distribution.

Personnellement je ne sais pas où je passerai mes prochaines vacances donc être aussi affirmatif sur « qui vivra où » en 2050 me laisse perplexe. Cela étant, même si prédire un grand avenir à l’AquaWeb est risqué, la démarche de bio-inspiration, outre qu’elle n’est pas nouvelle, ne fait -à mon avis- pas question.

 

Pour en savoir plus : A water management system for the future

Si cette démarche vous inspire, sachez que le Biomimicry Global Design Challenge 2017-2018 est ouvert avec pour thème le changement climatique : Biomimicry Global Design Challenge

Faut-il investir dans la pierre ?

photo : REUTERS/Brendan McDermid

Un sac contenant des échantillons de poussières et de cailloux lunaires collectés par la mission Apollo 11 a été vendu le 20 juillet -tout juste 48 ans plus tard- pour 1,8 millions de dollars.

Unique objet imprégné de poussières de lune resté aux mains de propriétaires privés suite à une erreur d’inventaire, il avait été acheté en 2015 par Nancy Lee Carlson, une avocate américaine, pour 995 dollars. Remarquant des traces sur la pochette, elle l’avait confiée à la NASA pour analyses. Celles-ci ont démontré que le sac conservait bien de la précieuse poussière, propulsant ainsi son prix dans les étoiles.

Investir dans la pierre -de lune- offre manifestement l’assurance de rendements astronomiques.

Le renouveau du terrazzo

En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans, si l’on en croit un rapport de la Fondation Ellen MacArthur publié l’an dernier.

Le designer australien Brodie Neill est donc parti à la pêche pour nous proposer cette table « Gyro » faite d’un « terrazzo » nouveau : 70% de déchets plastiques ramassés sur les côtes et 30% de résine. Le résultat est magique, non ? De quoi voir nos déchets d’un autre œil et nous décider à changer la déco ! A raison de 8 millions de tonnes de plastiques déversés en mer chaque année, nous ne manquerons pas de tables… mais n’aurons peut-être plus de poisson à y poser.

https://www.treehugger.com/eco-friendly-furniture/recycled-ocean-plastic-gyro-table-brodie-neill.html

Recyclage du PET : le diable est dans les détails

Le rendement des recycleurs de PET (polyethylene terephtalate) a chuté de 73 à 68% depuis 2011 : pourquoi ?

Les bouteilles transparentes sont toujours plus fines, donc les paillettes de matière produites au recyclage aussi, augmentant la perte durant le processus. Une fois de plus, le diable est dans les détails : pour gagner sur la matière vierge (et le coût, ne soyons pas naïfs), nous pénalisons la fin de vie !

De plus, les applications alimentaires s’étendent désormais aux bouteilles opaques et aux barquettes, or les systèmes de collecte n’ont pas suivi cette complexité nouvelle.

Il y a donc deux axes de progrès :

D’une part il faut travailler en amont sur l’éco-conception des emballages en PET pour améliorer leur recyclabilité.

D’autre part il faut, en aval, revoir les procédés de tri pour préserver la qualité des flux « historiques » (le PET transparent) et développer des filières dédiées pour le traitement du PET opaque et des barquettes.

https://www.recycling-magazine.com/2017/07/17/pet-recyclers-suffer-lower-input-qualities/

Après les blue suede shoes…

Voici les ROTHY’S : des ballerines en PET recyclé créées par Roth Martin et Stephen Hawthornthwaite à San Francisco. Déclinées en deux formes et une multitude de couleurs, elles sont réputées légères, confortables et lavables en machine. Elles sont en outre recyclables : si vous n’en voulez plus, vous pouvez les retourner gratuitement à PLUSfoam, une société qui recycle déjà les produits de PATAGONIA ou THE NORTH FACE notamment.

https://rothys.com/

NAKEFIT : une vraie fausse bonne idée ?

Imaginez-vous Marcello Mastroianni mettre des NAKEFIT pour rejoindre Anita Ekberg dans la Fontaine de Trevi ? Moi, non : en matière de chic italien, je pense que le « Bel Paese » a déjà proposé mieux. Quoi qu’il en soit, ces semelles adhésives, antidérapantes et waterproof imaginées par Sabato Alterio font un tabac sur Kickstarter et créent le « buzz » sur Internet. Etrange, car outre une esthétique discutable, elles présentent l’inconvénient d’être jetables. Combien d’entre elles finiront à la mer cet été ?

http://www.nakefit.com/