Prix de l’inventeur européen 2017

La nouvelle arme fatale aux déversements de pétrole et de produits chimiques est… une éponge !

Il s’agit d’une cire synthétique mise au point par Günter Hufschmid et son équipe de la société allemande Deurex. Cette cire peut adsorber jusqu’à sept fois son poids en liquides hydrophobes sans retenir d’eau, ce qui en fait l’outil idéal pour nettoyer les déversements et fuites, quel que soit l’endroit où ils se produisent : dans votre garage ou autour d’une plateforme de forage pétrolier en mer.

Décerné par l’Office Européen des Brevets, le Prix de l’Inventeur Européen 2017 (catégorie Petites et Moyennes Entreprises) a été attribué à Günter Hufschmid pour cette cire qu’il a appelée « Pure ». Par rapport aux agglomérants existants, Pure agirait plus rapidement, adsorberait plus de contaminants en laissant derrière elle moins de résidus et surtout serait ré-utilisable après essorage.

Alors qu’il essayait de mettre au point un nouveau type de cire micronisée, un employé de la société Deurex a laissé une machine tourner une nuit entière avec des paramètres de température et de pression incorrects. Le lendemain matin, le sol était recouvert d’une substance duveteuse et fibreuse que les employés ont rapidement surnommé « coton magique ». La société Deurex a donc trouvé avec Pure autre chose que ce qu’elle cherchait… C’est un cas typique de sérendipité, néologisme calqué sur l’anglais « serendipity ». Le terme serendipity a été inventé en 1754 par Horace Walpole, qui désigne ainsi des « découvertes inattendues, faites par accidents et sagacité » et par « sagacité accidentelle ». La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb est un bel exemple de sérendipité, tout comme l’invention du Post-It.

En 2010, année d’invention de Pure, la catastrophe de Deepwater Horizon a causé l’écoulement de près de 770 millions de litres de pétrole dans les eaux environnantes du Golfe du Mexique, ce qui n’en faisait « que » la quatrième plus importante marée noire de l’histoire. La gestion des déversements d’hydrocarbures représentait alors un marché d’environ 13 milliards d’euros  à l’échelle mondiale et devrait nettement augmenter pour atteindre 118 milliards d’euros d’ici 2020. En effet, si le nombre de déversements est en baisse, les transports de pétrole (par voie maritime ou pipeline terrestre) augmentent et les gouvernements font davantage appel aux technologies de gestion des déversements.

Des négociations sont en cours entre Deurex et des acteurs de l’industrie pétrolière. La société espère que son nouveau produit lui permettra de s’imposer sur ce marché. Pendant ce temps-là, que fait donc Bob l’Eponge ?

Recycled is the new black

« La chaise Ioda est emboîtable et possède une assise large. Extrêmement confortable et résistante, elle équipe collectivités et particuliers » : c’est ainsi que l’entreprise SOGEMAP située en Charente Maritime présente l’un de ses best-sellers. Cette année, SOGEMAP la propose en plastique recyclé, « parce que les déchets plastiques n’ont rien à faire sur les plages ».

Seule contrainte à ce stade : pour ses 20 ans, Ioda se voit offrir une petite robe noire car recycler ensemble des plastiques de toutes les couleurs donne obligatoirement un mélange sombre et indéfinissable, que le plus simple est de colorer… en noir.

Pour avoir travaillé sur le sujet, je peux vous dire que des alternatives sont envisageables : bleu marine, vert sapin, gris tourterelle (celui-ci avait ma préférence)… Un peu d’imagination et un designer couleurs et matières sont alors bien utiles. Quant à proposer des teintes claires, cela veut dire trier les plastiques recyclés par couleur en amont de la mise en oeuvre et l’économique prend alors le pas sur la technique, du fait des coûts de main d’oeuvre actuellement nécessaires.

 

Source et photo : FRANCE BLEU

Renversant !

Vincent Nijman (1), Professeur d’Anthropologie  à Oxford Brookes University, pense qu’il y a un lien entre la saga Harry Potter et l’augmentation du commerce illégal de hiboux en Indonésie. Le nombre de ces animaux vendus sur les îles de Java et de Bali serait en effet passé de quelques centaines par an avant 2001 à 13 000 en 2016. Le premier tome de la saga a été traduit en indonésien en 2000 et le premier film y est sorti en 2001. Bien que le lien direct ne soit pas prouvé, la présomption est forte selon le chercheur pour qui « Harry Potter a banalisé le hibou comme animal de compagnie ».

Harry Potter se voit en effet offrir une chouette blanche pour son onzième anniversaire, qu’il baptise Hedwig (en français Hedwige). Notez qu’Hedwige est une chouette et que je vous parle de hibou, l’article de Nature auquel je me réfère utilisant le vocable « owl », qui se traduit également par chouette et hibou en français. Comment savoir alors auquel de ces deux rapaces j’ai affaire ? Je me suis fiée d’une part à la photo qui accompagne l’article, laquelle est bien celle d’un hibou (reconnaissable à ses aigrettes sur la tête, tandis que j’ai fait pour ma part le choix de vous montrer une chouette) et d’autre part au texte, qui précise le genre Otus lequel renvoie bien lui aussi au hibou, plus exactement au Petit-duc. Comme quoi le latin reste fort utile !

Mais revenons à nos moutons (si j’ose dire) : en malais, hibou se dit traditionnellement « burung hantu ». Désormais, dans le langage populaire il est devenu « burung Harry Potter ». Un hibou coûte entre 6 et 30 dollars américains en Indonésie, ce qui le rend accessible à la plupart des Indonésiens qui ont un salaire. Les animaux ainsi vendus ont été capturés dans leur milieu naturel, ce qui pose le problème de la conservation de l’espèce. La loi indonésienne interdit la capture d’animaux sauvages pour lesquels il n’existe pas de quota de chasse, ce qui est bien le cas pour les hiboux. Mais les autorités n’ont pas pris de mesure dans ce cas et, sollicité par Nature, le gouvernement n’a pas fait de commentaire.

Si ce n’est pas renversant, a minima ce n’est pas chouette…

 

(1) : The Harry Potter effect: The rise in trade of owls as pets in Java and Bali, Indonesia

Bonne année… avec un « latte »

Comment commencer l’année ? Avec un café « latte » !

C’est peut-être ce qu’a pensé Howard Stone en observant les couches horizontales bien distinctes obtenues par son « barista » habituel. Avec ses collègues de l’Université de Princeton dans le New Jersey, il a effectué des simulations sur ordinateur ainsi que quelques expériences à l’aide d’eau teintée injectée dans une eau salée plus dense pour comprendre la formation des fameuses couches.

Il en résulte que si un espresso est injecté suffisamment rapidement dans un verre de lait chaud, le mélange café-lait à proximité de la paroi du verre se refroidit, se densifie et coule jusqu’à atteindre une couche de même densité. Arrivé à ce stade, il cesse de couler pour commencer à circuler horizontalement, formant des « cellules de convection » qui peuvent conserver leur structure des dizaines de minutes voire jusqu’à plusieurs heures, donc probablement bien plus longtemps que vous n’en mettrez à boire votre « latte ».

Créer de jolies couches dans un café latte est donc une question de procédé, plus que de matières premières.

Selon les auteurs, ce principe pourrait en outre être utilisé pour créer des gels en couches pour les cultures cellulaires et connaître des applications en ingénierie tissulaire.

Très bonne année à tous !

 

Pour en savoir plus : Laboratory layered latte