Premier millésime du Prix Etudiant SFIP : déjà un grand cru !

PLEXIGLAS, NYLON, TEFLON… des noms commerciaux de polymères qui ont tellement changé nos modes de vie qu’ils en sont passés dans le langage courant ! Mais tous ont désormais plus de 50 ans. Même le polycarbonate a marché sur la lune, avec Neil Armstrong. Alors, quoi de neuf aujourd’hui dans le domaine des plastiques ?

A cette question, Adrien DEMONGEOT (recevant, à droite sur la photo, son prix des mains de Gérard Liraut, Président de la SFIP), Ingénieur de l’ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de Paris) et Docteur de l’Université Pierre et Marie Curie répond : les vitrimères !

Voici donc une nouvelle classe de polymères dont nous avons entendu parler pour la première fois en 2011, lorsque Ludwik Leibler, Directeur du laboratoire Matière molle et Chimie à l’ESCPI Paris Tech a mis au point ce concept avec son équipe. Les vitrimères sont aussi résistants et insolubles que les thermodurcissables mais ils sont façonnables à chaud comme les thermoplastiques.  Cependant, contrairement aux thermoplastiques qui présentent une forte chute de viscosité à la fusion ou à la transition vitreuse, la diminution de viscosité des vitrimères se fait en douceur avec la température, comme dans le verre, d’où leur nom rappelant la nature polymère du matériau et la racine latine du mot verre, vitrum.

Devant un concept aussi innovant, le plasturgiste a les yeux qui brillent car il comprend qu’un jour, il n’aura plus à choisir entre la résistance des thermodurs d’une part et la recyclabilité et la réparabilité des thermoplastiques d’autre part. Mais il se demande combien de temps encore il devra patienter pour disposer de ces petites merveilles…

C’est là que se positionne le travail de thèse d’Adrien DEMONGEOT, qui a précisément consisté à transformer un polyester commercial en vitrimère, en utilisant un outil de mise en œuvre classique des thermoplastiques industriels et des additifs tous commerciaux. Plus précisément, il a modifié un PBT par des résines époxy en présence d’un catalyseur de transestérification, directement en extrudeuse, ouvrant ainsi de nouveaux domaines applicatifs au PBT, notamment dans la connectique.

Pour sa toute première édition, le Prix Etudiant SFIP a donc été attribué à l’unanimité à Adrien DEMONGEOT. Les membres du jury ont été séduits par une double ambition de recherche d’une rupture technologique alliée à une vision applicative et industrielle, le tout présenté avec rigueur, clarté et une belle maîtrise.

Bravo à Adrien DEMONGEOT et… longue vie au Prix Etudiant SFIP !

 

Cet article est également publié sur LINKEDIN : Première édition du Prix Etudiant SFIP

Wabi-sabi

Le wabi-sabi relie wabi : solitude, simplicité, mélancolie, nature, tristesse, dissymétrie… et sabi : l’altération par le temps, la décrépitude des choses vieillissantes, la patine des objets, le goût pour les choses vieillies, pour la salissure, etc. Le wabi fait référence à la plénitude et la modestie que l’on peut éprouver face aux phénomènes naturels et le sabi à la sensation face aux choses dans lesquelles on peut déceler le travail du temps ou des hommes (selon Wikipédia).

Cette éthique japonaise prône le retour à une simplicité, une sobriété paisible pouvant influencer positivement l’existence, où l’on peut reconnaître et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes. Apparue au 12ème siècle, c’est une notion popularisée en Occident ces dernières années par le Belge Axel Vervoordt.

Si vous aimez les bonsaï, la Joconde ou encore le Vieil homme et la mer, alors vous êtes probablement sensible au wabi-sabi.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’il s’illustre même dans la décoration des plastiques, comme je l’ai découvert la semaine dernière lors du Congrès Tendances Décors et Matières organisé par la SIA (Société des Ingénieurs de l’Automobile) et la SFIP (Société Française des Ingénieurs des Plastiques). La société PLASTIVALOIRE y a en effet présenté de nouveaux décors inspirés par le wabi-sabi et obtenus par application d’un laser sur des pièces plastiques. Le laser est ici utilisé de différentes façons : pour enlever tout ou partie d’une couche superficielle, graver la surface, provoquer une oxydation ou un « cloquage » localisé… Céramique craquelée, écorce d’arbre, oxydation, tweed : les différents effets présentés sont bluffants et cette photo n’en rend compte que très imparfaitement.

Serions-nous plus malins que les humains ?

C’est la question que semble se poser ce macaque crabier ou macaque à longue queue (Macaca fascicularis).

Ses congénères, qui habitent le parc national de Sam Roi Yot en Thaïlande, ont l’habitude d’utiliser des outils pour pêcher les huîtres et coquillages qui composent leur alimentation. Des chercheurs de l’Université d’Oxford (1) ont mis en évidence que la taille et l’abondance des proies avaient tendance à diminuer sur deux îles du parc, avec un impact plus marqué sur l’île de Koram, dont la population de macaques est plus importante que celle de NomSao. C’est le « plus on est de fous, moins il y a de riz » de Coluche revisité : « plus on est de macaques, moins il y a de fruits de mer ».

Là où cela devient intéressant, c’est que ces mêmes chercheurs ont constaté que, bien que visant les mêmes proies que leurs cousins de NomSao, les macaques de Koram choisissent des outils plus petits pour la pêche. Selon Lydia Luncz et ses collègues d’Oxford, les macaques pourraient avoir ainsi réduit la taille de leurs outils en réponse à la raréfaction des proies.

Peut-on en conclure que le macaque pratique instinctivement la pêche durable tandis que l’homme continue de surexploiter les ressources halieutiques ?

 

(1) NATURE, Vol 549, 21 septembre 2017